La dîme
En 1478, l’évêque d’Albi peut provisoirement prélever « la douzième partie des safrans. » Cette part
est donc supérieure à ce qui est ordinairement pratiqué pour les autres produits.
Il s’agit de la dîme sur les safrans « en fleurs cueillies et assemblées au champ.» En effet, « les dîmes appartiennent à l’évêque qui en fait trois ou plus souvent quatre parts : une pour lui, une pour le clergé, une pour l’entretien des lieux de cultes, une pour les pauvres. La multiplication des paroisses rend ce système impraticable et l’évêque abandonne une grande partie de ses dîmes aux paroisses et à leurs curés, se réservant toutefois certaines paroisses dont il conserve les revenus.»
De toute évidence, devant la facilité à frelater l'épice, le clergé préférait préparer et conditionner le safran pour éviter les tricheries.
Au moyen-age, différentes sanctions sont alors prévues pour punir de telles fraudes. « Et ce fut peine de confiscation desdictz Saffrans que nous voulons estre ars & bruslez en plain marche & lieu public & sur peine de punition corporelle sur ceulx qui auront altere & corrompu lesdictz Saffrans & damende arbitraire. Et neautmoings a ce que noz officiers en puissent auoir plus facile & prompte congnoissance & reuellation. Nous voulons et ordonnons que les denonciateurs qui descouuriront & reuelleront lesdictz abbuz, faulcetez & sophisticatios de marchandise ayent & leur soit adiugee la tierce partie de prouffit qui prouiedra desdictes confiscations condempnations & amendes. » La sévérité de ces punitions va dans le sens de notre argumentation visant à démontrer l’importance économique du safran pour le Sud-Ouest et pour le royaume.
La dîme


