" Lors de l'entrée solennelle de la reine Élisabeth, femme du roi Charles IX, au retour de son sacre, le 29 mars 1571, sur un des portails rustiques élevés aux barrières de Paris, on voyait un tableau représentant un homme foulant aux pieds des tiges de safran qui n'en fleurissaient que mieux, pour rappeler la grandeur de la France qui semble s'accroître avec l'adversité.
" Au-dessous, on lisait ce quatrain de Ronsard, composé pour la circonstance
Tant plus on foule aux pieds la fleur
Du saffran, plus est fleurissante,
Ainsi de France la grandeur :
Plus on la foule et plus augmente.
Dans la culture du safran, on ne foule jamais les tiges ; Ronsard a sans doute voulu faire allusion à ce fait que si une plantation vient à être piétinée accidentellement, les endroits où le sol a été ainsi tassé fournissent plus de fleurs que les autres. Le tassement rend plus active et plus complète la dessiccation du sol en favorisant l'ascension de l'eau par capillarité. Ainsi, la production des fleurs est toujours abondante si le sol reste sec pendant le repos estival du safran.
Le poète Ronsard


